Cher LinkedIn,
Un écho aux Bulles de Flo(w)
Cher LinkedIn, (tiens, je ne dis pas Chère Linkedin…),
Je t’écris aujourd’hui pour te dire combien je ne t’aime pas.
Combien tu ne m’aimes pas non plus, d’ailleurs, je crois. Ou plutôt… combien nous nous sentons mutuellement à côté de la plaque ensemble.
Tu vois, tu es un peu trop sérieux pour moi, un peu trop adulte sûrement. Trop bien peigné. Et puis franchement, je te trouve archi-formaté, très ‘boys-club’ sous ce vernis de mixité que tu as identifié comme incournable si on veut (se) vendre.
Tu es hyper-patriarcal en fait: les patrons ont toujours raison, et parfois on accepte les patronnes à condition qu’elles gardent leurs tailleurs, ne deviennent pas hystériques et utilisent les bons templates.
Et surtout, qu’elles réussissent.
Que tout le monde réussisse, d’ailleurs, c’est ça la norme par ici, non?
Mais côté ouvriers, ou pire, ouvrières, on peut aller se gratter.
Surtout si en plus, elles sont nulles en orthographe, les malheureuses.
Bien normal qu’elles restent sous-payées, hein?
C’est ça: je te trouve un peu trop fake. Toujours en représentation, costard de chez Truc-Muche, cachemire noué sur les épaules à la sortie annuelle et cheveux de riches.
Et moi, tout ça, je ne sais pas faire.
Perso, quand je rencontre des gens, je reste la même personne: moi. Avec tout ce que ça comporte, par exemple ma saisissante capacité à sortir la phrase qu’il ne faut pas dire EXACTEMENT quand il ne faut pas la dire. Ou alors, juste quand ça me plaît de la dire.
Pire : je sais très bien être stratégique, mais face à toi, j’ai envie de montrer que je ne sais pas l’être. Comme pour te faire des pieds de nez de gamine mal élevée (oui, oui, c’est très gravement puéril, car ça montre tous les trucs pas réglés que je vis avec l’autorité. Oui, oui.).
C'est que j’ai quand même bien l’impression que pour être bien vue chez toi, il faut connaître la partition. Et accepter de ‘jouer le jeu’.
Montrer notre clinquant.
Se parer de notre génie, nos diplômes et nos succès à n’en plus finir.
Nos costumes bien en place.
Nos amitiés parfois factices.
Nos combats “justes”.
Nos phrases bien placées. (Ô, comme elle est intelligente!)
Oui, chez toi, on dirait que les pyjamas devant Netflix, ça n’existe pas tellement.
Alors que mes séquences pyjama font partie de moi.
Et mes à plats-ventrées aussi. Ca m'apprend tellement.
Pourtant, il y a des gens que j'aime bien par ici. Vraiment.
Les gens oui, pas le système.
Tu te souviens de cette vieille pub pour le Caprice des Dieux? Celle où deux nouveaux amoureux se retrouvent dans une cabine avec que des gens tous gris et tous semblables, finissant par les larguer dans la neige pour batifoler en couleur?
C’est un peu ça, chez toi, pour moi… Je sens bien ce plexiglas entre mes débordements potentiels et ce qui est autorisé ici sous peine d’avertissement, de silence de mort. Un peu comme dans certains boulots, quoi…
Alors je me sens salement décalée… et pour tout te dire, j’aime assez ça.
Non, je ne sais pas faire tout bien. Surtout quand on attend ça de moi.
Alors pourquoi je suis encore là ?
Parce que tu continues à m’intriguer.
Et parce que en coulisses, ça ressemble à la pause-café, ça papote et que c'est bien plus intéressant que dans l’open-space.
Et aussi parce que mon fameux “public-cible” traîne en partie ses guêtres ici et que cette lettre le (la?) fera peut-être fuir… ou peut-être justement pas.
C’est égal.
Je crois que les personnes qui doivent travailler avec moi le savent. Que nous nous reconnaissons, au-delà du costume agréé ou du meilleur Pepsodent.
Aujourd’hui, dans mon podcast, je parle de toi, alors je voulais quand même te le dire. Tu verras, c’est bien plus édulcoré. Mais la vraie moi, elle est ici.
Ce podcast, c’est un défi : 100 épisodes en 100 jours.
Oui, un truc gratuit qui ne sert à rien.
Ou alors… peut-être qui sert justement à beaucoup.
Je ne t’ennuierai pas chaque jour avec ça, mais je voulais quand même t’en informer. Au cas où tu as envie de me suivre, tu vois? Et qu’on puisse faire plus amplement connaissance en partant batifoler dans les prés plutôt que dans un open-space.
Ensuite, je me replierai sur les réseaux que j’aime bien, où je me sens plus le droit, (peut-être à tort?) d’être superbement imparfaite.
Je reviendrai te voir, je ménage mes allées-venues pour être franche… Je viendrai de temps à autre, avec des nouvelles bien calibrées, pas trop ennuyantes, utiles pour le boulot parce que j'aurai ENVIE de te les partager.
En attendant, prends soin de toi, surtout.
Florence
PS. (oui, j’aime les PS…)
Si tu fais partie de celles et ceux qui ne rentrent pas dans les cases mais qui veulent quand même créer, transmettre, transformer… c’est exactement pour toi que je travaille.
🎯 J’accompagne les femmes puissantes (qui le savent déjà ou le découvrent), les pros de la formation et de l’accompagnement des adultes, les “dans-la-lune” qui veulent porter une voix singulière dans un monde bien trop normé.
📚 J’ai créé la Méthode Neuf ¾ pour ça : une traversée en 4 étapes pour transformer tes blocages en projets concrets.
🎙️ Et en ce moment, je documente tout ça dans Les Filles d’Olympe présentent Les Bulles de Flo(w) — 100 épisodes en 100 jours
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